La DME ou le comment du pourquoi on est repassé aux purées

La diversification.

10474892_10155123378840322_8614411585683365316_n                                                     Isaac et les épinards (le sourire est un fake il a encore  les yeux plein de larmes)

« il est diversifié ? » « Alors les petits pots ? »  » Tu lui fais les purées toi même ? »

Pour Isaac j’étais comme tous les jeunes parents, très impatiente de lui faire découvrir les aliments solides. Je m’imaginais déjà cuisinant avec amour des petits pots à la carotte en y ajoutant une touche de cumin et mon enfant se délectant de la nourriture, m’aurait lancé un regard rempli de gratitude d’avoir une mère si géniale. On me disait aussi qu’il fallait qu’il mange vite et bien, que comme ça j’aurais enfin accès au saint graal des nuits paisibles, et que de toute façon il fallait vite supprimer les tétées de la journée.

Seulement, Isaac n’a jamais voulu une seule cuillère de quoi que ce soit… Nous avons tout essayé, les purées maison, les industrielles bio or not, les « comme nous  » passés au mixeur… il ne voulait rien. On a commencé la diversification vers 5 mois, un peu avant peut être, et en deux ans il n’a jamais avalé grand chose, nous crachant au visage tous nos espoirs de ventre rempli et de nuits complètes.

C’est alors que nous sommes entrés dans la 3eme dimension du parent de l’enfant-qui-ne-mange-rien. Notez que nous avions déjà le label enfant-qui-ne-dort-jamais, enfant-qui-bouge-sans-cesse et enfant-qui-hurle-trop-souvent.

Et pour parfaire la vision catastrophique (à mes yeux) de l’aventure du goût chez mon tout petit, l’allaitement s’est terminé quand il avait 7 mois, et il a goûté au lait en brique Bledidej saveur vanille. Et il en est devenu complètement accroc.

En deux ans notre fils s’est nourri pratiquement exclusivement de biberon… matin midi et soir et puis la nuit… un biberon, 2, 3 voir 4… et la journée il ne voulait rien. Parfois un bout de pain qu’il ne finissait jamais vraiment. On a eu des périodes d’espoir où j’avais l’impression qu’il avait enfin un déclic et puis ça recommençait. Souvent il ne voulait même pas de biberon la journée, passant presque 20h sans rien dans le ventre, puis enchaînant les biberons la nuit suivante.

Nous avons tenté pas mal de choses : cuisiner différemment, avec lui, l’impliquer dans les repas, manger ensemble, le laisser manger seul, lui donner la cuillère, le mettre devant la télé… La seule chose que l’on a jamais fait c’est le forcer à manger. Comme les nuits je me persuadée qu’un jour ça irait.

Alors on est devenu très très cool. Il grossissait et grandissait, il ne semblait pas avoir de carences, et vu son énergie débordante, ce régime du n’importe quoi semblait lui convenir. On l’a laissé venir et repartir à son gré au moment du repas, parfois il venait manger un haricot vert, parfois il ne s’approchait pas de la table. J’ai continué à l’impliquer dans les repas. et petit à petit il y a eu des petites victoires.

Aujourd’hui Isaac mange mieux, ce n’est pas encore parfait, mais ça n’a rien de comparable. Tout d’abord il a enfin accepté un autre lait que le bledidej. J’imagine que c’est moins calorique et donc qu’il a naturellement beaucoup plus faim. Ensuite miracle des miracles il s’est mis à faire ses nuits ( à deux ans et demi ) et donc il ne réclame plus de biberon la nuit (ou rarement). Il aime cuisiner avec moi et goûte tout. Il reste difficile sur certains points, mais il fait des progrès régulièrement !

17626468_10158423496455322_7372818376831555902_n                                                        La grosse gache banille

Aussi c’est un peu avec beaucoup de réticence que j’ai pensé à la diversification pour Abraham. Je ne voulais pas revivre le doute et l’angoisse de la mère qui a son petit non nourri, et toujours dans ma recherche de laisser plus d’autonomie à mes petits je me suis renseignée sur la DME ou Diversification Menée par l’Enfant, ou encore diversification Autonome. Je vous laisse cliquer sur cet article illustré qui explique très bien la chose.

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Hyper motivée, mais pas très pressée, j’ai attendu ses 6 mois pour commencer. Abraham avait l’air très intéressé par la nourriture, s’agitant quand on mangeait et heureux comme un pape dans sa chaise haute. Nous avons donc commencé doucement par quelques légumes crus, puis cuits. Carotte, courgette, tomate, concombre, pomme, poire… il aimait manipuler et toucher. Il en mettait un peu dans sa bouche sans vraiment manger et était hyper concentré pour recracher les gros morceaux. Et puis il est tombé malade, fièvre, toux et bronchiolite, puis roséole, puis rhume… presque trois semaines de nuits hachées menu et de bébé pas en forme. On a fait une petite pause pour reprendre la diversification, mais il etait vite agacé par ces morceaux compliqués à manger, il s’énervait dans sa chaise haute au moment des repas et pleurant pour que je le prenne dans les bras. Il etait heureux sur mes genoux quand je lui donnais avec ma cuillère. Alors j’ai essayé de lui faire une petite purée de carotte, passée au mixeur. Une purée toute lisse. Et là, le regard bienheureux de mon petit. Il a tout avalé avec un grand sourire. Alors voilà, on est passé de la DME à la diversification « classique » depuis plus d’une semaine. Et Abraham mange midi et soir (midi légumes protéines et soir que légumes) et une compote au goûter. Comme il continue de se débrouiller très bien avec les morceaux on lui donne pain, cracotte, petits gâteaux et morceaux de fruits à gérer tout seul. Mais il devient hystérique de bonheur quand il me voit sortir un petit pot du frigo et préparer cuillère et assiette.

Et moi je découvre le plaisir de préparer des repas pour mon petit, de chercher quelle association de saveur pourrait lui plaire, de faire un stock de « purée patate douce courgette » ou « brocolis colin ». et surtout je me délecte de le voir ouvrir la bouche entre chaque cuillerée, avide de goûter encore, avec son grand sourire satisfait.

Encore une fois, je me suis pris en pleine face cette vérité pourtant maintes fois découverte ces trois dernières années : écoute ton enfant ! C’est lui qui sait. A toi de le guider et l’accompagner. Mais souvent rien ne se passe comme prévu et c’est tant mieux.

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On continue l’allaitement et je ne me prends pas la tête. L’aliment principal jusque 12 mois reste mon lait, et je sais d’expérience qu’il ne faut SURTOUT pas se bloquer sur les repas. Alors on va continuer à lui faire découvrir de nouvelles saveurs avec le sourire ( et puis effet boule de neige grand frère , Isaac se met à manger des purées ! haha le comble sacré pirate !)

Hé mais franchement ils sont zazous non ?

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